Votre nom est-il sur la liste ?

Votre nom est-il sur la liste ?

Pour avoir accès au ministère de la Communication vendredi dernier, les noms des employés de cette institution devaient se trouver sur une petite liste entre les mains des agents de sécurité qui procédaient à un appel nominal. Tous ceux dont les noms ne figuraient pas sur la liste ne pouvaient même pas rentrer dans la cours du ministère. Une situation qui a soulevé la colère de bien des gens.

Lundi 4 février, 10h 45 du matin. Tout est calme aux environs du ministère de la Communication qui a connu, deux jours avant, des mouvements de protestation. Tout fonctionne comme à l’ordinaire. Non, presque. Dans la cour de l’institution logée dans la zone de Bois-Verna, plusieurs employés ou anciens employés commentent ce qui s’était passé vendredi. Ils sont très prudents dans leurs propos en voyant un visage inconnu. C’est peut-être quelqu’un de la nouvelle équipe. Comme tout espoir n’est pas encore perdu pour réintégrer le ministère, ils sont modérés dans leurs propos. Pour le moment, en tout cas. A l’intérieur du bâtiment, sous ce petit escalier qui conduit à l’étage supérieur où se trouve le bureau de Madame Régine Godefroy, la nouvelle ministre de la Communication, une douzaine d’hommes bien vêtus, veste et cravate, discutent également entre eux à voix basse. « Nous sommes au total 65 employés qui ne pouvaient pas rentrer ici vendredi dernier. La ministre a promis de nous rencontrer aujourd’hui. C’est pourquoi nous restons au rez-de-chaussée sans rien faire. On ne sait pas encore ce qui va se passer », a confié l’un d’eux au Nouvelliste. Vendredi dernier, a-t-il poursuivi, on ne pouvait même pas avoir accès à la cour du ministère. « Des agents de sécurité avaient en main une liste qui comportaient les noms de ceux qui pouvaient rentrer au ministère. La Nouvelle ministre nous reproche d’avoir été mal nommés par son prédécesseur. Elle a dit qu’il n’y a pas de budget pour nous… », a raconté cet homme dans la quarantaine qui ne voulait pas se laisser photographier, qui n’acceptait pas non plus que son nom soit cité dans la presse. Prudence oblige. Maintenant arrivé à l’étage, Le Nouvelliste a été accueilli par une réceptionniste qui se voulait gentille. « Et la ministre et le directeur général sont en réunion. Ils ne peuvent pas vous recevoir », a-t-elle dit au journal, soulignant que d’autres journalistes sont passés avant nous. Le Nouvelliste a tenté à maintes reprises d’entrer en contact dans l’après-midi avec la ministre Régine Godefroy, mais sans succès. La seule explication officielle qu’il y a à ce qui s’était passé vendredi se trouve sur la page Facebook du ministère dans une petite note avec pour titre : « Le ministère de la Communication a bouclé ce vendredi le processus d’évaluation du personnel du ministère. » (sic). « Dans le souci de redresser la structure organisationnelle de l’institution et de rétablir la productivité des services, la nouvelle équipe à la tête du ministère a présenté un plan d’action à court terme avec comme objectifs immédiats : renforcer la communication inter-étatique, rallier les médias nationaux et internationaux à un mouvement proactif de communication nationale, redresser l’image du ministère», lit-on dans cette petite note. « Cette revitalisation du personnel, poursuit le ministère de la Communication, rentre dans le cadre du renforcement institutionnel prôné par l’administration Martelly-Lamothe, dans le souci de procéder à une réelle réforme de l’Etat. » Réforme de l’Etat ! L’Office de management et des ressources humaines (OMRH) qui est chargé de cette réforme n’est pas bien imbu de ce qui s’était passé au ministère de la Communication, selon son coordonateur général, Uder Antoine. « J’ai entendu parler de ce qui s’était passé, mais je n’ai pas assez d’arguments ni d’éléments d’information pour me prononcer sur ce dossier. Je vais contacter le ministère pour en savoir plus et fournir l’encadrement qu’il faut », a-t-il dit au Nouvelliste, joint au téléphone lundi après-midi. Cependant, M. Antoine a reconnu que le ministère a quand même une certaine responsabilité en ce sens. « S’il a décidé de renvoyer des employés, je veux croire que quelque part, il y a des arguments assez valables pour le faire. On ne peut pas renvoyer des employés sans aucune base », a-t-il dit au journal. « C’est prévu qu’on devait finaliser un arrêté d’application pour mettre en place un système d’évaluation de la performance dans la fonction publique. C’est un travail qui n’est pas encore finalisé et l’OMRH va le faire rapidement dans les prochains jours, parce c’est une nécessité actuellement pour porter les employés à travailler sur une base de performance », a expliqué Uder Antoine. Pour faire une évaluation dans un ministère ou une institution publique quelconque, il faut qu’il y ait d’abord un objectif de résultat, a-t-il ajouté. « A partir de l’encadrement fourni à ce personnel, on verra s’il a pu atteindre ces objectifs de résultats…Il y a un système et une façon de faire… », a-t-il conclu.

 

 

 

Le nouveliste

 

 

 

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