Sur Mars, premiers relevés météorologiques du cratère Gale

Sur Mars, premiers relevés météorologiques du cratère Gale

Le chemin parcouru par Curiosity pour rejoindre Glenelg, un carrefour naturel entre trois types de terrains géologiques. © Nasa/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Le chemin parcouru par Curiosity pour rejoindre Glenelg, un carrefour naturel entre trois types de terrains géologiques. © Nasa/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

L’étude du cratère Gale par Curiosity ne se limite pas à la seule géologie du site et à déterminer l’habitabilité passée de la planète. Le rover martien embarque également une station météorologique, fournie par l’Espagne, qui vient de délivrer ses premiers bulletins, plutôt surprenants…

La station météorologique Rems (Rover Environmental Monitoring Station) est un des dix instruments du rover Curiosity. Conçue pour mesurer la pression atmosphérique, l’humidité, les radiations UV, la température du sol et de l’air, elle est la première envoyée sur le sol martien depuis la mission Phoenix de la Nasa qui embarquait une station météorologique canadienne (2008). Son capteur pour mesurer la vitesse du vent est tombé en panne, vraisemblablement pendant l’atterrissage du rover.

Les premiers rapports météorologiques de Rems indiquent des températures étonnamment douces pendant la journée pour une planète aussi éloignée du Soleil et avec une atmosphère ténue. En moyenne, elles ont atteint un maximum de 6 °C à 14 h, heure locale. Les températures sont passées sous les 0 °C dans la journée, dans plus de la moitié des « sols » (jours martiens) depuis que Rems a commencé à effectuer ses relevés.

L’atmosphère de Mars étant plus fine que sur Terre, et sa surface étant plus sèche, les effets de la chaleur solaire sont plus prononcés. La nuit, les températures chutent considérablement, jusqu’à atteindre un minimum de -70 °C avant l’aube !

Vague de chaleur sur Mars !

Curiosity, qui a atterri le 5 août 2012 dans le cratère Gale (près de l’équateur martien) à une latitude de 4,5° sud, se rapproche du printemps. Cela laisse place à des spéculations au sujet des températures possibles en plein été. « Que nous observions des températures déjà si chaudes la journée est surprenant et très intéressant, explique Felipe Gomez du Centro de Astrobiologia à Madrid, l’institut qui fournit l’instrument. Si cette vague de chaleur perdure l’été, nous pourrons peut-être prévoir des températures dans les 20°. Cela serait très intéressant en ce qui concerne l’habitabilité de la planète pour l’Homme. Pendant certaines journées, nous avons pu observer, de façon récurrente, des températures assez élevées pour permettre à de l’eau à l’état liquide d’exister. Cela dit, il est trop tôt pour affirmer si ça va arriver, et si ces températures ne sont pas juste un écart ». Car sur Mars, l’eau se sublime, c’est-à-dire qu’elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux, sans passer par une phase liquide.

La pression en hausse également

Les capteurs de pressions de Rems ont également enregistré une pression légèrement plus élevée que prévu. En hiver il fait assez froid sur Mars pour que le dioxyde de carbone gèle aux pôles, formant des calottes polaires. Depuis que le dioxyde de carbone constitue la majorité de l’atmosphère, ce processus fait en sorte que la pression atmosphérique générale varie à travers les années.

Les modèles et les données de la précédente mission prévoyaient que Curiosity atterrisse alors que la pression moyenne serait à son minimum. Effectivement jusqu’à présent les mesures de pression de la station météo espagnole sont en hausse légère. La pression est ainsi passée d’environ 730 pascals (Pa), au cours des trois premières semaines après l’atterrissage, à 750 Pa (elle est d’environ 100.000 Pa sur Terre au niveau de la mer).

<< Les données de pression montrent une importante variation de pression quotidienne, suivant un cycle bien constant de sol en sol. Le minimum avoisine les 685 Pa et le maximum est proche de 780 Pa ». La majorité de ces variations sont dues « aux ondes à grandes échelles dans l’atmosphère et connues sous le nom de marées atmosphériques. » « Ces marées sont très sensibles à la répartition des nuages et de la poussière dans l’atmosphère, mais également aux différents types de vents, plutôt comme les traînées blanches derrière les avions» précise Javier Gomez-Elvira, le responsable scientifique de l’instrument Rems.

 

                                                                                                                                Futura-sciences.com

 

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