Les six membres du CEP vers la sortie ?

Les jours du CEP de six membres du président Martelly sont comptés. Le tiers représentant le CSPJ doit prendre la porte de sortie. On cherche la meilleure formule. Pour garder un brin d’honneur, la démission serait recommandée. Il restera en poste Josué Pierre Louis et les deux autres désignés de l’Exécutif.

 

Le conseil électoral permanent contesté a exactement quarante jours en poste. Il est si présent dans l’espace public, qu’on pense qu’il a déjà réalisé toute une panoplie d’activités. Pas vraiment. Quelques rencontres de travail à l’interne et des mesures ça et là. Décrié bien avant sa formation, ce CEP incomplet est sous les feux de la rampe. Quarante jours après, il poursuit sa neuvaine, accablé par les critiques.

Du sur place

La plus grande réalisation du CEP contesté est une réunion de travail avec les partenaires directement concernés dans le processus électoral. A cette époque, Josué Pierre Louis et les autres conseillers disaient « travailler pour la préparation des prochaines élections ». Ont pris part à la discussion des représentants de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI), de l’ONI, du Centre national d’Information géo-spatial (CNIGS), du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et du ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Chacune de ces institutions a une implication dans l’organisation des joutes.

Par cette initiative, les conseillers voulaient évaluer la capacité technique de la machine. La deuxième étape devrait être des projections sur le calendrier. Certains leaders d’opinion assimilaient cette démarche à de la provocation. Car à leur avis, une institution en panne de légitimité ne peut poser aucun acte engageant la nation. Les rencontres avec les bailleurs de fonds internationaux demeurent pour le moment un leurre.

Mercredi dernier, une conférence de presse a été programmée par le CEP. Ayant compris la densité de la turbulence, Gabrielle Yacinthe et les six conseillers incriminés, ont renvoyé sine die cette activité. L’annonce est venue par SMS. Dans une circulaire, au début de la semaine écoulée, l’institution a rappelé l’expiration de tous les contrats d’ici au 30 septembre. Ils ne seront probablement pas renouvelés. Place aux amis et courtiers de la nouvelle administration. C’est la formule. A chaque vague, ses grains de sable. Mais cette administration est en disgrâce. Ces décisions risquent d’être de nul effet.

Parallèlement, certains cadres ont été mis en quarantaine. Ils paient leur zèle sous l’ancienne administration. On les retrouve dans plusieurs directions notamment les opérations électorales et la communication. Ceux-ci ne seront pas licenciés. A longueur de journée, des jeunes, enveloppe en main, sont remarqués dans les parages de l’institution électorale. Quelques uns sont reçus par des conseillers qui leur ont fait des promesses mirobolantes. Mais pas encore de décision majeure pour relancer la machine. L’avenir de ces conseillers est tributaire de l’imbroglio dans lequel s’empêtrent les protagonistes de l’actuelle crise.

La sortie

L’avenir des six conseillers à la Gold’s Gym semble compté. Le CSPJ a déjà rappelé ses représentants mal désignés. Ils ne sont plus couverts par l’entêtement d’Anel Alexis Joseph. Le retrait de l’arrêté présidentiel est réclamé par le président de la commission Justice et Sécurité publique de la chambre basse. L’ANAMAH et la FBH partagent aussi cet avis. « Une telle décision entrainerait la dissolution entière de l’institution électorale », assument les hommes de loi.

Empêtré dans les négociations « gueule de bois » avec plusieurs secteurs sur la question, le chef de l’État se cherche encore. Lui qui n’entendait nullement faire marche arrière, lâche aujourd’hui du lest. Michel Martelly évoque « l’indépendance de l’institution électorale » mais entrevoit une fenêtre à travers « une décision volontaire des conseillers ». Le président fait « appel à leur patriotisme pour qu’ils démissionnent ». Une telle décision ouvrira la voie à de nouveaux pourparlers sur le dossier du CEP. Mais l’humiliation sera la même. Ces juges électoraux douteux auraient dû comprendre par eux-mêmes qu’ils s’engouffraient dans un tunnel à sens unique, fermé.

Comme prospective, les membres du CSPJ devraient bien connaitre leurs représentants. Ces super juges admettent donc avoir erré dans leur choix. Un tel aveu conduit l’institution au prétoire de la haute cour de justice. Le maitre abondant Jean Alix Civil retourne sa toge. Il reconnait avoir magouillé pour concocter ce CEP contesté de six membres. Ces conseillers supérieurs manquaient de conscience dans leur agir politique. De retour, Me Néhémye Joseph reprend dignement son siège. Dilia Lemaire est aussi attendue. Cette contestatrice conditionnait son retour à la table de délibération. Elle vient d’avoir à nouveau le feu vert de ses mandants.

Avant l’installation du CEP contesté, le premier Ministre évoquait l’existence d’une commission qui tablait sur la question électorale. Lamothe souhaitait aussi la réalisation de ces joutes avant la fin de l’année. En ce sens un autre membre du gouvernement avait annoncé la publication prochaine d’un calendrier. Le financement de ces compétitions s’élèverait à près de 36 millions de dollars. Plus de 80% de ce fonds doivent venir de l’Internationale. C’est elle, d’ailleurs qui aurait frappé du pied pour qu’on reprenne le processus de formation du CEP. Et dans son accélération effrénée, le président de la République s’essouffle et s’agenouille.

Le Matin

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